L'écorce qui menait le mondeA casca que movia o mundo
La cannelle, c'est de l'écorce — la peau intérieure d'un arbre, le Cinnamomum, qu'on récolte, qu'on sèche, et qui s'enroule en tuyaux en séchant. La meilleure venait de Ceylan (le Sri Lanka). Elle était si précieuse qu'un demi-kilo valait, en Europe, plus que son poids d'or.A canela é casca — a pele interior de uma árvore, a Cinnamomum, que se colhe, se seca, e se enrola em tubos ao secar. A melhor vinha do Ceilão (o Sri Lanka). Era tão preciosa que meio quilo valia, na Europa, mais que o seu peso em ouro.
En 1505, une flotte portugaise débarque à Ceylan (presque par accident, déroutée par une tempête). Le Portugal y bâtit un fort dès 1518 et prend la main sur la cannelle — un monopole qu'il gardera environ 150 ans, jusqu'à ce que les Hollandais l'en chassent vers 1658. Toute l'aventure des Découvertes, ce n'était pas seulement des cartes et des caravelles : c'était chercher l'épice. Et la cannelle était la reine.Em 1505, uma frota portuguesa aporta ao Ceilão (quase por acaso, desviada por uma tempestade). Portugal ergue ali um forte já em 1518 e toma conta da canela — um monopólio que guardará cerca de 150 anos, até os holandeses o expulsarem por volta de 1658. Toda a aventura dos Descobrimentos não era só mapas e caravelas: era procurar a especiaria. E a canela era a rainha.
« On croit que le Portugal cherchait des terres. Il cherchait cette odeur-là.Julga-se que Portugal procurava terras. Procurava este cheiro. »
Voilà pourquoi la cannelle est restée si portugaise dans l'âme : elle parfume presque toute la doçaria du pays — arroz doce, aletria, leite-creme, et le petit voile brun sur le pastel de nata.Eis porque a canela ficou tão portuguesa na alma: perfuma quase toda a doçaria do país — arroz doce, aletria, leite-creme, e o pequeno véu castanho sobre o pastel de nata.